La finition d'une pièce injectée ne se décide pas après le moulage. Elle se grave dans l'acier du moule, avant la première pièce. C'est le point que beaucoup de donneurs d'ordres découvrent trop tard : changer une texture sur un moule existant coûte cher, parfois autant que le re-usinage complet de l'empreinte.
Les grandes familles de finitions
Le grain (ou texture) est obtenu par attaque chimique ou électroérosion de l'empreinte. L'échelle VDI 3400 sert de référence : plus l'indice monte, plus la surface est rugueuse. Un grain masque les défauts d'aspect, les lignes de soudure discrètes et les petites rayures d'usage. C'est la finition la plus courante sur les pièces techniques et les boîtiers.
Le poli est l'inverse : l'empreinte est polie jusqu'au brillant, avec les classes SPI comme référence (de A1, poli miroir au diamant, à D3, sablage grossier). Un poli miroir se justifie pour les pièces transparentes ou les surfaces d'aspect premium. Il coûte des heures de polissage manuel et se raye à l'usage : à réserver aux faces qui le méritent.
Viennent ensuite les finitions après moulage : peinture, tampographie (marquage par tampon souple, adapté aux surfaces courbes), marquage laser, métallisation. Chacune ajoute une opération, donc un coût par pièce. La bonne question est toujours : est-ce que la fonction ou la marque l'exige, ou est-ce qu'un grain bien choisi suffit ?
⚠️ Le piège : texture et angle de dépouille sont liés
Une pièce texturée accroche l'empreinte au démoulage. Plus le grain est profond, plus l'angle de dépouille (l'inclinaison des parois qui permet à la pièce de sortir du moule) doit augmenter : comptez environ 1 degré supplémentaire par 0,02 mm de profondeur de grain. Décider d'un grain profond sur une pièce dessinée avec 1 degré de dépouille, c'est s'offrir des pièces marquées, blanchies ou coincées. C'est exactement le genre de point qu'une analyse de faisabilité détecte avant l'usinage du moule.
Le surmoulage soft-touch
Pour un toucher caoutchouté (poignées, zones de préhension), la solution robuste est le surmoulage d'un élastomère TPE sur un corps rigide. C'est une opération d'injection à part entière, pas un revêtement : le toucher ne s'use pas et ne pèle pas comme une peinture soft-touch, dont le vieillissement collant a ruiné la réputation sur des milliers de produits.
Comment choisir sans se tromper
Notre conseil d'atelier : partez de l'usage, pas du rendu 3D. Une pièce manipulée tous les jours vit mieux avec un grain moyen qu'avec un brillant qui se raye. Une pièce visible mais jamais touchée peut se permettre plus. Et si l'aspect est critique, validez sur échantillon de texture avant de graver le moule, jamais sur un écran.
Envoyez-nous votre fichier 3D : notre partenaire LGR analyse gratuitement la faisabilité, angles de dépouille et choix de finition compris.