« Quel plastique pour ma pièce ? » C'est souvent la première question d'un projet, et la mauvaise réponse coûte cher : une pièce qui casse au froid, qui jaunit au soleil, qui gonfle à l'humidité ou qui ne passe pas en autoclave.
Il n'existe pas de meilleur plastique. Il existe un plastique adapté à l'usage de votre pièce. Voici comment on raisonne, avec les matières qu'on injecte le plus souvent et des pièces qu'on a réellement produites.
Pressé ? Essayez notre choisisseur de plastique en 6 questions, il vous oriente en une minute.
Commencez par l'usage, pas par la matière
Avant de parler de polypropylène ou d’ABS, posez-vous cinq questions :
- quelle température la pièce va-t-elle voir, en continu et en pointe ?
- quels contacts : aliments, peau, produits chimiques, huiles, UV, eau ?
- quels efforts : chocs, flexion répétée, frottement, vibrations ?
- quel aspect : pièce visible ou cachée, transparente, brillante, colorée ?
- quelle norme : contact alimentaire, médical, tenue au feu ?
Ces cinq réponses éliminent déjà la plupart des matières.
Polypropylène (PP) : le bon choix par défaut
Léger, bon marché, résistant à la plupart des produits chimiques, et disponible en qualités contact alimentaire. Il supporte la flexion répétée, ce qui permet de mouler des charnières intégrées. C'est la matière des bouchons, des emballages et de beaucoup de pièces techniques simples.
Ses limites : il est moins rigide qu’un ABS, plus fragile au froid dans ses versions standard, et difficile à coller ou à peindre.
Exemple : notre bouchon sécurité enfant DIN 20 en PP.
ABS : pour les pièces rigides et visibles
Rigide, résistant aux chocs, avec un bel état de surface. Il se peint, se colle et se teinte facilement. C'est un classique des boîtiers, des capots et des pièces d'aspect.
Ses limites : il vieillit mal au soleil sans protection UV et résiste moins bien aux solvants que le PP.
Exemples : les pièces du vélo cargo Kino Bikes et nos clips de parclose pour cloisons vitrées.
Polycarbonate (PC) et PC/ABS : transparence et tenue
Le polycarbonate est transparent et très résistant aux chocs. Il tient mieux la température que l'ABS. Mélangé à l'ABS (PC/ABS), il donne des boîtiers solides, qui existent en versions ignifugées pour l'électrique et l'électronique.
Ses limites : le PC se raye plus facilement que le PMMA et peut se fissurer au contact de certains produits chimiques.
Exemple : nos supports d'écran LCD en PC/ABS ignifugé.
Pour comparer avec le PMMA : polycarbonate ou PMMA, quel plastique transparent ?.
POM (acétal) : pour ce qui frotte et ce qui doit rester précis
Le POM glisse bien, s'use peu et garde ses cotes. C'est la matière des engrenages, des paliers, des clips et des pièces mécaniques qui travaillent.
Ses limites : il se colle mal et n’aime pas les acides forts.
Exemple : nos joints de poulie en POM pour convoyeur.
Polyamide (PA, « nylon ») : tenace et résistant à la chaleur
Le polyamide est tenace et supporte bien la chaleur, surtout chargé de fibres de verre. On le retrouve dans l'automobile, l'outillage et les pièces sous contrainte.
Sa limite principale : il absorbe l'humidité, ce qui fait légèrement varier ses dimensions et ses propriétés. Il faut en tenir compte dès la conception.
PPSU : quand la pièce passe en autoclave
Le PPSU supporte la stérilisation vapeur à 134 °C, cycle après cycle, sans se déformer ni perdre sa teinte. C'est une matière de référence pour les instruments médicaux et dentaires réutilisables.
Sa limite : le prix, nettement plus élevé que les plastiques courants. On ne le choisit que quand l'usage l'impose.
Exemple : nos jauges orthodontiques en PPSU.
Et les autres
- PE (polyéthylène) : souple, très résistant aux produits chimiques, pour les flacons, bouchons et pièces souples ;
- TPE : les matières souples au toucher, souvent surmoulées sur une pièce rigide pour une poignée ou un joint ;
- PVC : très répandu, mais surtout en extrusion (tubes, profilés). En injection de pièces techniques, on lui préfère souvent d'autres matières.
Le résumé pour choisir vite
- PP : léger, résiste à la chimie, charnières intégrées, bon marché. Limites : froid, collage. Pour bouchons, emballages, boîtiers simples.
- ABS : rigide, bel aspect, se peint. Limites : UV, solvants. Pour boîtiers, capots, pièces visibles.
- PC : transparent, chocs, chaleur. Limites : rayures, certains produits chimiques. Pour protections et pièces transparentes.
- PC/ABS : solide, versions ignifugées. Limite : prix. Pour boîtiers électriques.
- POM : glisse, usure, précision. Limites : collage, acides. Pour engrenages, clips, paliers.
- PA : ténacité, chaleur. Limite : humidité. Pour pièces mécaniques sous contrainte.
- PPSU : autoclave 134 °C. Limite : prix. Pour instruments médicaux réutilisables.
Le contact alimentaire, un cas à part
Pour une pièce qui touche des aliments, il ne suffit pas de choisir « un plastique alimentaire ». Il faut une qualité de matière conforme à la réglementation européenne, avec sa déclaration de conformité, et des colorants conformes eux aussi. Le PP et le PE existent dans ces qualités ; le recyclé, lui, reste très limité pour cet usage.
Voir aussi : PPWR 2030 et plastique recyclé.
Vous hésitez entre deux matières ?
C'est normal, et c'est souvent là qu'un essai sur de vraies pièces fait la différence. Envoyez-nous votre fichier 3D avec l'usage de la pièce : on vous dit quelle matière on recommande, et pourquoi.
Vous avez un fichier ? Envoyez-le ici.



